21 août 2012

L’art de la conversation


Chéri l’a.  Je ne l’ai pas.  Je vous parle ici de la stratégie « perron d’église », l’art subtil de gribouiller un dialogue.  Lui, c’est l’artiste.  Je suis la cancre de service. 

Pour s’engager dans un échange verbal au milieu d’une tribu d’individus, il faut respecter un minimum de règles.  L’écoute active, les mimiques expressives, le jargon politiquement correct, gestes contenus dans bulle imaginaire, liens subtils.  Un rallye linguistique.

Ces règles ne s’appliquent pas lors d’un débat politique.  On assiste plutôt à de la tauromachie sans toreador.  Drôle de confrontation!  Seulement deux taureaux en mode perpétuelle de collision frontale.

Les politiciens savent-ils que la caméra dissèque les moindres frémissements colériques?  Gros plan sur la griffe du lion dans le front…Voilà!  Image grossissante des couteaux dans les yeux :  attention, c’est presque du 3-D et vous allez vous en attrapez un dans votre salon si vous fixez l’écran trop longtemps. C’est le théâtre du côté sombre de l’humain où se jouent le dédain, l’épouvante, le perfide et surtout, les mines de vierges offensées.  Un vrai rayon X de la panique ambiante.  Plus ils ont foiré, plus ils se battent comme des coqs au fond d’une ruelle.  Sarkozy a beaucoup jappé à la face de Holland.  Et qui donc soufflait « ATTAQUE! » à Jean Charest lors de son face-à-face avec Pauline Marois? 

Mais tous les électeurs vous observent en train de perdre les pédales!  Ce n’est pas bon, pas bon du tout!  Oubliez la cravate assortie et dégottez vous l’air rassurant-convaincant qui hurle « je peux diriger un pays ».  Je ne sais pas s’il s’en trouve dans un Costco près de chez vous, ma foi!

Mais la pire des erreurs, ce sont des antagonistes qui se vautrent dans la cacophonie.  Cacophonie, vous ne trouvez pas que ça sonne comme caca?  Si on ne pige pas une seule idée, qu’elle soit de droite, de gauche ou entre vos deux fesses, personne ne réussira à se faire sa propre opinion.  Faites comme dans les cliniques sans rendez-vous :  prenez un numéro et attendez votre tour.

Je rêve d’une joute verbale où les mots se catapultent dans le camps adverse avec la précision des missiles Scud.  Boum!  Batman ne parvient-il pas à conserver sa crédibilité même s’il est masqué (et en collant?).  On veut des hommes forts, des femmes inébranlables.  Un débat?  Jouez-le super héros.

Chéri ne sera plus le seul à m'inspirer l'excellence dans l'art de la conversation.

16 août 2012

Elle s’appelait Lina


Debout sur la montage, je tourne les images des parapentistes du Ouen Toro.  Depuis le temps que je les vois picoter le ciel au dessus du lagon, je décide finalement d’aller y voir de plus près.

Tout en admirant ces poètes lancés dans le ciel, chassant la brise du large, j’ai eu une pensée pour Lina, ma cousine décédée.

Comment vous la décrire?  C’est une cousine mythique que je voyais de temps en temps.  Enfant, je la suivais comme un chien de poche pour toucher sa longue chevelure ondoyante attachée avec un cordon de cuir.  Je l’imaginais sur la pochette d’un disque de Fiori Séguin avec  un brin de foin au coin des lèvres.  Lina-Flower-Power.

Ma cousine a ressurgit alors que je commençais ma carrière en journalisme.  La fière trentaine, touche-à-tout des communications, allumée, aventurière. 
Elle enchaînait les projets, les passions, les petites folies :  sillonner les routes des îles de la Madeleine sur sa Harley Davidson, virevolter tout en arabesques sur un trapèze (l’aérobie, ce n’était pas pour elle!), apprendre la joaillerie, se marier pour ses 50 ans, teindre ses cheveux de toutes les couleurs, gâter ses parents, voyager.

Sa vie s’est arrêtée sur la route 132 entre Sorel et Nicolet.  Je crois bien qu’elle avait 51 ans.  Collision multiple impliquant un camion semi-remorque.  J’ai écrit 100 fois ce genre de nouvelles mais je n’arrive toujours pas à rédiger trois lignes sur ce terrible accident.

Lina a subi un grave traumatisme crânien.  Elle s’est retrouvé emmurée dans son propre corps, incapable de communiquer avec les siens si ce n’est en soulevant l’index ou l’avant bras.

Mais même dans cette caverne sombre et parfois triste où elle est restée pendant 3 longues années, je suis convaincue qu’elle allumait sa propre lumière.  Tête en bas, entre ciel et terre, à se balancer sur un trapèze.  Chevelure bleue au vent au volant de sa Harley Davidson.  Parée de bijoux.  Habitée de beauté. 

Ma cousine mythique aurait eu 57 ans le 25 août prochain.  Je retiens d’elle les plaisirs fougueux et le bonheur en mode partage.


Bonne fête Lina.  Je te dédie mon reportage sur ces fous qui osent se jeter dans le monde tout comme tu as si bien su le faire.

3 août 2012

Voyager léger quand vous broyez du noir


Mardi matin.  Le ciel est plombé d'un gris-Québec-en-novembre. Même ici, on maudit l'hiver, même s'il est délicieusement austral.  J’ai envie de fendre les flots de la baie juste en face de chez-moi.  Nagez jusqu’au premier îlot ensoleillé, dérouler une natte et faire un éventail avec mes orteils dans le sable blanc crème.  Une pause langoureuse avec une Heineken dans une main et un magazine débile dans l’autre.  Un beer buzz à midi, les yeux mi-clos et un sourire gaga, c’est le label des incorrigibles vacanciers.


J’ai besoin d’air.  La reine du foyer a le droit d’être au bout du rouleau.    Début de crise de la quadra? J’en ai déjà guérie plus d’une et je connais le remède pour éviter que ça pète :  partir sur un nowhere.

Je saute sur mon clavier et tape les destinations les plus folles :  Fidji, Bora Bora, Hawaii, Fukushima (non, là je pousse un peu…)

Où aller pour une escapade de 4 jours en amoureux?  Il y a un déclic :  Lifou.  35 minutes en avion, pas de décalage horaire.  Même monnaie mais tout de même, langue étrangère.  On y parle le Drehue.  Ça sonne comme de l’inuit avec beaucoup de consonnes.  Une langue vachement rigolote parce que les habitants de Lifou n’arrêtent pas de se marrer comme s’ils étaient en plein festival Juste pour Rire.  Toujours la banane fendue jusqu’aux oreilles, les épaules qui sautent, la main qui tape sur le genou et ça glousse et ça pouffe.  Si j’étais parano, je croirais dur comme fer qu’ils se foutent tous de ma gueule.  Mais non, ils sont comme ça :  heureux comme dans les pays scandinaves à la différence près qu’ici, il fait 25-30 sous le soleil et pas zéro avec un petit crachin.


Je profite du spécial deux nuits pour le prix de trois au chic Drehue Village à We.  L’aubaine ne s’arrête pas là :  nous avons aussi un coupon-rabais de 50% pour un dîner en amoureux sous le faré.  Je suis aussi chiche que folle à lier.  

Pour cette escapade, petite valise :  un seul et unique bikini, mes claquettes Sketchers, deux robes roulées en boule, le top à paillettes, un jeans et une petite laine.  A cela s’ajoute la tonne de revues, l’aquarelle en kit, la trousse à maquillage et plusieurs bouteilles de vin.  Ne pas oublier la cafetière expresso et le mini-réchaud de camping.  Au bout du compte, Chéri croule sous le poids du sac :  25 kilos.  On sort la poignée de menue monnaie pour défrayer la surcharge.

Et nous voilà partis!  Un « must » à Lifou :  louer un véhicule pour aller se perdre sur un bout de plage.  Luengoni est dingue.  Brooke Shield aurait quitté le plateau du Lagon bleu pour venir tourner son film ici si elle avait vu ce lieu de rêve.  Une demi-lune de sable blanc d’un kilomètre et une eau turquoise qui vous éclate la rétine tellement la couleur est intense.  Nous avons loupé l’attraction locale :  une grotte sous-marine de 30 mètres…Bah, il faut se réserver d’autres découvertes pour un prochain voyage.   Nous avons déjà mentalement planté notre tente à deux pas de ce paradis, au gîte Jeanne Forrest. 



La baie Wadra n’est pas mal non plus si on aime les images d’écrans de veille d’ordinateurs.  Plus caillouteux en raison des récifs coralliens mais carrément hypnotique avec des reflets de Sainte-Vierge sur l’acide.  De temps en temps, une tortue qui se prend une petite gorgée d’air frais et plop!  la voilà qui replonge pour aller brouter son pain quotidien. 




J’ai craqué pour la plage de Peng, ma préférée.  Wow!  À s’en décrocher la mâchoire… La plage de Peng se trouve au bout de la route de terre, tournez à droite juste avant le terrain de foot dans la courbe avant d’arriver à Drueulu.  Vous vous perdrez de toutes façons, il y a autant de terrains de foot que de patinoires au Québec. 






J’ai posé ma serviette à côté d’une pirogue.  Pas un truc en carton pâte, une vraie pirogue en bois avec la poupe (ou la proue?)arborant la face sculptée d’un requin comme dans les photos du National Geographic.  L’aventurière que je suis a ensuite sorti une cannette du sac à dos de sa tendre moitié pour déguster une bonne bière tiède.  Je suis au paradis.  Je recommande le beer buzz de 4 heures sur le bord d’un lagon pour soigner la dépression passagère de la ménagère.



17 juil. 2012

La Nouvelle-Calédonie en chiffres













Il y a 22 mois, les 5 membres de notre familles ont posé 10 valises sur le tarmac de Tontouta.  C'était un four, je m'en souviens très bien.  J'ai failli m'évanouir lorsque j'ai vu un thermomètre électronique indiquer 39 degrés.  Il y avait même un feu de forêt qui faisait rage au col de la pirogue.


En entrant dans la ville, les cocotiers en rang d'oignons le long des baies bordant Nouméa se sont inclinés pour laisser filtrer un peu plus la lumière.  Le lagon est apparu, turquoise.  Envie de fendre l'eau d'une bonne brassée.  C'est à ce moment qu'un poisson déluré a sauté, avec pour mission sans doute de nous saluer à sa façon.


15 mois en brousse et presqu'autant d'amis.  C'est ma petite comptabilité, une page avec une seule colonne, celle des crédits.  Je me suis enrichie.


Nous voilà en ville dans notre deuxième moitié de vie en Nouvelle-Calédonie. Mon carnet de voyage est loin d'être rempli:  nous avons encore bien des aventures à vivre.  


2 ou 3 autres expéditions en mer
Séjour dans les 3 îles de la Loyauté
1 virée en Australie
Plusieurs soupers bien arrosés
1 weekend entre copines à Sydney
Moins d'une demi-douzaine de raids...
Autant d'expéditions en camping que j'ai de doigts sur mes deux mains


Le temps file.  Il faut compter.




12 juil. 2012

Vendredi 13 peut tomber sur un lundi


Hoooo!  C’est vendredi 13, planquez vos chats noirs, rangez vos poupées vaudous et ne marchez pas sur les craques du trottoirs.

Il y a une ombre obsédante qui vous épie, prête à vous faire une magistrale jambette. 

Curieux ce sentiment fataliste, ce parasite du quotidien, cette cheville de bois dans l’engrenage pourtant bien huilé de votre routine.

Pour moi, vendredi 13 peut tomber n’importe quel jour.  Ça arrive à l’improviste.  Je ne suis plus moi.   Je deviens Miss Calamité. 

Je vous fais grâce des verres de lait renversés, de la casse systématique des coupes de vin de ma défunte belle-mère (sauf une petite flûte à porto qui a échappé au cataclysme) et des brassées de blanc qui tournent au rose.

Le chapitre des pièces d’auto détachées fourmillent aussi de rebondissements.  Un pneu crevé, un pare-choc rayé, une tôle en clin d’œil sur l’aile arrière de la bagnole…J’ai donné.  Et on n’était pas un vendredi 13.  On était juste…pressurisé. 

Et il y a le jour où j’ai vomi sur un mur de mon collège en plein examen du ministère.  Ce n’était pas un vendredi 13.  C’était plutôt un jeudi salami.

Perdre une poignée de vingt piastres.  Trouver un cinq.  Faites le compte :  on est encore le 13.

La duperie du jour mal aimé peut frapper au beau milieu de la nuit :  un dégât d’eau monstrueux et voilà la maison devenue Atlantis avec en prime une douche dans le corridor.  Mieux vaut avoir une poubelle propre sous la main pour  1) Récupérer le Niagara jusqu’à assèchement.  2)  Pleurer un bon coup dedans.  Mais le lendemain, Oh miracle!  Ce n’est plus le 13, c’est le 14.  Il y a un jeune plombier blond en dreadlocks qui vient tout éponger…

Les architectes ont trouvé la solution :  le déni.  Pas de treizième étage dans les gratte-ciel.  Avouez qu'il s’agit d’un raccourci un peu trop accomodant quand on saute du 12 au 14.  Gommer le 13, c’est prétendre qu’on est invincible.  Je suis loin de l’être.

Quel est le talisman pour faire fuir tous les jours la poisse du vendredi 13?
Respirer, même avec un talon coincé dans la grille d’une bouche d’aération.
Il se trouve toujours quelqu’un pour vous sortir d’un mauvais pas si vous êtes prêts à en rire.

Et croyez moi, je ris très souvent.

9 juil. 2012

La pause récré des joyeux Naufragés


« Les enfants, papa et moi on se pousse sur un îlot! », ai-je lancé à mes trois ados il y a deux semaines. 

Ce ne sont pas des paroles en l’air.  On a mis quelques bières au frais, balancé la crème solaire, le bikini et les revues pêle-mêle avec le sac de croustilles et on a passé le pas de la porte en soufflant des bisous au dessus de notre épaule. 

Pendant ce temps, je crois que les enfants soufflaient eux aussi…Tchao bye, les vieux amoureux!

Quelques minutes plus tard, on filait sur le lagon turquoise.  Cap sur l’îlot Maître.

La réserve naturelle doit avoir la taille d’un MINI-WHEATS.  Sur son côté givré, un luxueux hôtel avec bungalows sur l’eau.

Côté nature, c’est le terrain de jeu des kite surfers qui allument le ciel avec un bouquet de voilures gonflées et colorées.

Et juste en face, Nouméa sous les rayons. 

On a fait le tour en 22 minutes top chrono en traînant nos gougounes dans le sable chaud.  Étonnant tout de même qu’on ait croisé 5 tricots rayés…

Vers la fin de l’après-midi, le téléphone portable de Chéri a sonné.  «Allô oui?»

C’était les enfants qui voulait savoir ce qu’on allait manger pour souper. 

Les joyeux Naufragés peuvent rentrer.  Taxi!






3 juil. 2012

Miou Miou sur le caillou


Une main dans les cheveux, l’autre glissée dans la poche, Miou Miou semble s’être glissée hors de l’écran géant qui lui sert de rideau de scène derrière elle.  L’actrice française a passé un petit quart d’heure avec les cinéphiles du festival du cinéma de la Foa, dans une salle de Nouméa.  Elle s’était prêtée à l’exercice deux jours plus tôt à l’ouverture de l’événement cinématographique en brousse.  Un pull léger sur son jeans, elle fripe une mèche en nous avouant qu’elle serait bien restée dans son lit à l’hôtel :  «C’est à l’arrache à cette heure! »  En effet, il est déjà onze heure moins quart et le générique défile encore sur ce beau classique poétique qu’est La Lectrice de Michel Deville.

Une question timide du public et la voilà déjà réveillée, l’ingénue aux fesses à l’air.  Elle rit en se remémorant la scène où Patrick Chesnais, dans son peignoir de PDG,  se retrouve le nez sur ses miches rondes.  C’est là qu’il finit par poser le livre afin de le dévorer.  Lubrique?  Plutôt comique lorsque le comédien lui confie entre deux prises :  «Et dire que j’ai raconté à mes enfants que j’allais travailler!»  Et la belle de s’esclaffer en secouant ses tifs devant le parterre de spectateurs du Cinécity.

Les questions déboulent et les anecdotes se savourent.  La si jolie coupe de cheveux de Marie?  Un accident capillaire.  Si La Lectrice a les cheveux courts, c’est que Miou Miou s’était cramée la tête avant le tournage.  La coupe a fait mouche and the rest, as they say, is history…

Le film avait décroché le grand prix des Amériques au festival des films du monde de Montréal en 1988.  Celle qui l’avait aimé plus que tout, nous dit Miou Miou, c’est son amie Clémence Desrochers.  Clémence y a vu l’essence de son père, le grand poète Alfred DesRochers.  Un hommage aux écrits qui est allé droit au cœur de l’humoriste du Lac Memphrémagog.

Onze heure et quart.  Les questions fusent.  Qu’est-ce qui fait la beauté de ce film?  Comment expliquer son fulgurant succès?  Ahh, c’est un film sur l’imaginaire, un film français plein de mots charmants, un film dont l'action est campé dans une jolie ville de province, Arles.  Et un film avec du cul…oh! pardonnez moi, avec de la sensualité…Miou Miou est un panier percé, on peut voir le jour tellement c’est transparent tout au fond d’elle.  Pas de faux-semblants.   Elle dit : «Je ne sais pas».  Elle répète : «C’est comme ça, je ne suis qu’une actrice.  Puis elle ajoute :  «J’irais bien me coucher».

Le quart d’heure passe et déjà elle en grignote un autre juste pour raconter l’inoubliable partie de plaisir lors du tournage de Milou en Mai.  Des acteurs "superbes" dans un endroit "magnifique".  "On buvait tout le temps", marque-t-elle pour donner la pleine mesure de ce tournage qui avait toutes les allures d'un festival.   "C’était génial!"  Ils étaient frappadingues ces comédiens, essayant de deviner ce qu’il pouvait bien y avoir dans leur cocktail inventé.  On nommait un alcool ou deux et au troisième, on avait déjà oublié le début de la recette. 

Miou Miou fait danser sa crinière de soie, incrédule en songeant au temps qui passe.  «La Lectrice?  En 1988?»  Et oui Miou, Miou, ça va faire bientôt 25 ans.  Toi et moi, dirais-tu qu’on n’a presque pas attrapé la patte d’oie? 

Le public lui concède finalement une pause. Allez, il se fait tard et demain, tu dois abattre du boulot, tu es présidente d’un jury après tout.  Il y a une demi heure, Miou Miou se glissait hors de l’écran géant.  Elle ira bientôt se glisser entre les draps.  Elle repart en rebobinant sa mèche rebelle sur son doigt, sourire aux lèvres, déjà prête à faire de très beaux rêves.

Bonne nuit, Miou Miou.

26 juin 2012

Une pelletée d’images


Facebook nous fournit la sagesse emballée sous vide aussitôt qu'on se sent partir à la dérive.  Des petits chats enrubannés dans des boucles roses, des chiots feignant l’orgasme avec les yeux mi-clos bordés de longs cils, des bébés potelés qui parlent en paraboles dans des bulles de bande dessinée sans oublier les canards en imperméable qui ont du rouge à lèvres peint au coin de leur bec.

L’amitié est un trésor sacré à ne jamais égarer!

La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure!

Ou ma préférée :

L’amitié c’est faire l’amour sans se toucher…

Ou celle-ci, avec les roses, le chat, la calligraphie et surtout, le bébé de deux mois qui se tient tout seul sur sa balançoire.  Allô les fleurs bleues, prenez vos pilules!



Au rayon philosophie de ce grand Wal Mart des phrases à deux cennes, on tend la main devant une telle surabondance et on remplit son panier à ras bord. 

J’haïs Wal Mart.  Le totalitarisme des phrases bonbons, ça me tombe sur le cœur.

Si vous en avez ras le pompom des pensées philosophiques en format twitter, j’ai pour vous une alternative.  Le genre petite boutique de jolies phrases incrustées de mots qui sonnent comme des chansons.  Il y a même une place sur les rayons pour les poèmes lumineux.

Ah!  J’oubliais le plus important : ils ont aussi le coin photos.  Des instantanés de la vie de tous les jours , vous savez, ces moments fugaces où le soleil caresse plus qu’il ne touche.  Des prés de fleurs où on a envie d’aller se rouler, un glaçon qui fond jusque sur vos lèvres et l’abandon des enfants dans l’étreinte d’un bonhomme de neige.  Et des mots pour fleurir ces gravures lumineuses, des mots qui roulent comme les cailloux dans les rivières rieuses.

Tout ça se trouve chez le docteur du bonheur, Francis Pelletier.  Entre deux consultations à sa clinique de Nicolet (ou à l’urgence du centre de santé), le médecin de famille ausculte son dictionnaire pour opérer la magie.  J’ai fait sa connaissance il y a de ça 20 ans lors d’une entrevue à ma quotidienne télé «La Vie en Mauricie».   On y présentait ses premiers calendriers poétiques.

Le réalisateur, dans mon télex :  « Qui est le premier invité? »

« Francis Pelletier, Pelleteur de nuages », dis-je dans mon micro-cravate.

« Et moi je suis le coiffeur des chauves », répond-il en riant.

Les Pelleteurs de nuages ont fait du chemin depuis :  une maison d’édition, des vêtements, un magasin de bonbons, un hôtel.  Et un blog, bordel!  
Francis, combien as-tu de clones pour réaliser tout ça?


Je vous invite à le découvrir.  Une petite bouchée pour goûter?  Voici un de mes textes préférés :


IL Y A
Il y a ceux qui naviguent,
et ceux qui comptent le faire, un jour, peut-être, si...
Il y a ceux qui prennent la mer,
et ceux qui se font prendre par leur mère.
Il y a ceux qui dérivent, aux courants et aux vents,
et ceux, sur la rive, courant sous l'auvent.
Il y a ceux qui courent toujours tous les risques,
et ceux qui en prennent, a toujours les éviter.
Il y a ceux qui ont tant à perdre,
et ceux qui perdent leur temps.
II y a ceux qui le prennent, le temps,
et ceux qui le tuent.
Il y a ceux qui voient gros,
et ceux qui n'en mènent pas large.
Il y a ceux que l’on aime détester,
Et ceux que l’on déteste aimer.



Coiffer les chauves, cuisiner des arômes, jouer au dictionnaire, réfléchir tout haut, colorier des pages web, lancer la rumeur de ses petits secrets, suivre la thérapie du rire de soi et pelleter des nuages...Il y a tant de choses à faire.   C'est bon d'avoir un exemple à suivre.  

Merci Francis ;)

25 juin 2012

Maman Colère


Je suis une mère stricte qui n’aime pas se faire pousser dans les cordes lorsque je suis dans l’arène avec mes enfants.  Je prône les bonnes manières à table.  J’ordonne en haussant un sourcil et en pinçant les lèvres.  Je claironne les ordres pendant les corvées.  Je pète un câble à l’occasion.  Je me cache pour pleurer quand je me sens dépassée. 

Et plus que tout, j’aime profondément mes enfants mais pas au point de tout leur donner. 

Ainsi, lorsqu’ils relatent les mésaventures, disputes, bousculades, et boutades déplacées dont ils font l’objet, je les écoute en leur disant qu’ils sont les seuls à pouvoir régler le problème.  Je leur apprends à dénouer cette pelote de nœuds tout seul. 

Parmi les chamailleries enfantines, il y a les flèches lancées à Princesse des îles.  Les mots lancés comme des cailloux, (Kirikou, Café noir), les affirmations gratuites (t’es pas belle, ta mère ce n’est pas ta vraie mère) et le brasse-camarade de la cour d’école.  Est-ce que j’enfile mes gants de boxe de mère outrée à chacun de ces incidents?  Non.  C’est à ma fille de s’armer pour affronter le monde tel qu’il est parfois :  bête et méchant.  Je suis le coach, je lui souffle les répliques, je lui enseigne l’humour, je lui indique comment marquer son territoire avec l’indifférence.  Un mur, ma fille, tu poses les briques et tu ériges un mur pour ne pas voir ces gens-là.

Mais là, je risque de tenir la truelle moi-même et faire tomber quelques briques dans le ciment pour l’aider à bâtir sa forteresse invincible.

Ceci n’a rien à voir avec la Nouvelle-Calédonie.  Le racisme dont ma fille est victime se retrouve malheureusement partout. 

Aujourd’hui, quelques gamins ont pris son matériel scolaire, caché sa trousse, saccagé son cahier de notes.  Mais le pire, ce sont les mots :  « Retourne en Afrique pour mourir de faim pour que je puisse pisser sur ta tombe ».

Rentre bien ton kiki mon enfant et serre le très fort entre tes jambes.  C’est la position des couillons. 

«Maman, t’es colère? », me demande-t-elle.  Les mots d’ici sont directs et francs et ma fille aime les utiliser:  maman colère.

« Non, pas colère.  Je dirais plutôt maman guerrière ».  Car voyez vous, ma fille avait peur de dénoncer les garnements.  Lorsque j’ai fait demi-tour pour aller rapporter l’incident à la vie scolaire de l’établissement, ma jolie a paniqué.  Puis elle m’a dit :  « si tu fais ça, je ne te parle plus! »

Peur des représailles, peur de passer pour un porte-panier.  Peur de faire des vagues.

Nous avons décortiqué ensemble cette horrible phrase pour mieux saisir toutes les nuances de la haine qu’elle cache.  Des mots d’une dureté incroyable , « retourne en Afrique pour mourir de faim ».  La violence d’un petit homme qui crache son désir de profaner, de « pisser sur une tombe ».    

Une expression chiffonnée autour d’une brique et lancée à la face de Méika.  C’est le nom de notre Princesse des îles :  Méika, un nom haïtien, l’emblème de son origine, 5 lettres qui résume la magnificence de son histoire.  

J’ai plaidé âprement pour dénoncer ce délit raciste, pour la convaincre que nous étions bel et bien en présence d’un jeune scélérat qui méritait une sévère sanction.  C'est ici que tu dois tracer la ligne pour te tenir debout, noire et fière, ma belle Méika. 

Elle boit mes paroles.  Je la vois qui s'éveille à la force d'une nouvelle assurance tranquille et sereine.

Je ne retournerai pas à l’école demain pour redresser les torts.  Méika a appris un nouveau mot de vocabulaire et elle va devoir le conjuguer à tous les temps:  dénoncer.  Dénoncer haut et fort cette plaie qu’est le racisme.



24 juin 2012

Talk Radio

Vous pensez que la seule façon de voyager, c’est de sauter sur un avion avec un sourire-banane et un petite valise qui roule.  Détrompez-vous.  Je prends plusieurs vols directs dans le confort de ma cuisine en écoutant….la radio.


Je zappe à qui mieux mieux :  grâce à l’application Home Radio sur mon IPod, je saute du Japon à la Californie en passant par l’Argentine et St-Pierre-et-Miquelon.  J’ai la tour de Babel au bout de mes doigts, c’est magique. La plus grande révélation, c'est la mondialisation de «True Colors» de Phil Collins, un grand classique quel que soit le pays. 

« C’est quoi ça? », me demandent les enfants, éberlués.

« C’est True Colors en serbo-croate ».  Tellement cool.

J’ai quelques stations chouchous. France Inter et ses animateurs coulés dans le moule « intellos de gauche ».   Et ça philosophe et ça angoisse et ça rit en dribblant avec des jeux de mots rusés, un micmac entre verbo-moteurs bien entraînés à polir les concepts sur tout et sur rien.  Ça m’amuse jusqu’à ce qu’ils prennent leur souffle pendant une pause musical.  La pause cra-cra avec des pièces de musique jouées sur des instruments qui semblent tout droit tombés de Pluton.  Du « zing-blouk-boing! »,  façon zizique expérimentale sur casserole électrique.  Mon dieu!  Le technicien du son est en train de faire une crise d’épilepsie sur sa console…

On zappe, zappe, zappe!

C’est comme ça que j’ai découvert une ligne ouverte sur le sexe sur Calédonie 1ère.  Entre 8 et 9 le soir, on cause cul. Voyage au pays des fantasmes de monsieur et madame Tout-le-monde.

« Je vous appelle ce soir parce que mon copain insiste pour qu’on fasse l’amour avec ma meilleure amie… »

Le bon vieux trip à trois, la question qui revient invariablement sur Radio Sexe.  Les animateurs ont vu neiger et ne se laisse pas démonter.


« Et toi, est-ce que tu te sens à l’aise de lui dire oui? ».  L’animatrice, alias «Lilou sans tabou», pose LA question qui pourrait faire dérailler le fantasme du Jules en question.

« … , euh?  Pas vraiment… ».  Barbie se réveille.  Ken va devoir trouver un autre jeu.

Une personne c’est de la compagnie, deux c’est la foule et trois c’est la réception, aurait commenté Andy Warhol.

Lilou-sans-tabou dédramatise.  Micro libre, esprit ouvert, communication sincère.  Une bouffée d’air frais dans un pays où coutumes et tradition enferment souvent les femmes dans une lourd silence.  

On ouvre les lignes et on libère la parole.  Même les hommes prennent leur courage à deux mains pour se décomplexer face aux insurmontables exploits du XXX.

« Lorsque je fume du cannabis, je n’arrive pas à avoir une érection…Est-ce que je suis normal? ». 

L’animatrice dégourdie et son panel appellent un chat un chat : " Le cana, ça fait bander mou, mieux vaut s'abstenir."  Point à la ligne.  Au suivant!

Puis, il y a eu cet appel de détresse d’une jeune femme.  Un cri soufflé au bout du fil.

« Quand mon petit ami me fait l’amour, il me fait mal.  Est-ce que c’est normal? »

Infection urinaire?  Règles douloureuses?  Maux de ventre fréquents?
La jeune femme répond non à toutes ces questions.  Sa santé est au beau fixe.

« Il me force à le faire.  Et j’ai peur de lui… »

Silence radio.  Il me semble que j’entends Lilou enfiler ses gants blancs jusqu’aux coudes pour répondre à cet appel 911. 

« Ce n’est pas normal d’être forcée.  On ne le dira jamais trop souvent à l’antenne de cette émission :  fuyez lorsque vous êtes contraints d’avoir une relation sexuelle ».  Au moment où elle lui file le numéro SOS Violence, la ligne se coupe.  Clac!  On ne saura jamais comment cette histoire finira.

Un voyage éducatif sur Radio-Sexe avec la vraie vie qui s’écrit à l'endos de la carte postale.  


Pause musicale.  Faites jouer du Phil Collins: 


You with the sad eyes
Don't be discouraged
Though I realize
It's hard to take courage,
In a world full of people
You can lose sight of it
And the darkness, inside you
Makes you feel so small

But I see your true colours
Shining through....




Je vous l'avais dit, True Colors, ça se plogue partout.  Maintenant vous comprenez pourquoi.




17 juin 2012

Avancez en avant!


Mon père s’appelle Bruno.  Bruno, un nom qui sonne comme l’éclat du soleil d’Italie.  Une mèche noire sur son front lisse, un sourire franc et un regard brun-noir, une paire d’yeux de velours dont ma sœur a hérité.



Il est beau mon papa. Mais enfant, je ne voyais pas cette beauté si ce n’est à travers les yeux de ma mère qui a toujours voué à son Bruno un amour inconditionnel.  Au lieu de me lire les grands classiques de la littérature enfantine, ma mère me racontait l’histoire du coup de foudre avec l’homme de sa vie.  Je ne me suis jamais lassée de cette anecdote narrée avec la verve habituelle de ma mère qui terminait son récit en prenant mes petites menottes dans ses mains en concluant, l’oeil humide :  « tu sauras tout de suite dans ton cœur quand ce sera le tien! »

C’est bien d’avoir un beau papa.  C’est encore mieux lorsque vous êtes le centre de son univers.  Car mon papa n’avait pas peur de s’afficher avec sa petite chétive juchée sur son bras.  Il m’a emmenée partout.  Je me souviens de quelques journées passées sur la route avec lui à ramasser les bidons de lait destinés à la fromagerie de notre village.  Mis à part dans les films, en connaissez-vous bien des papas qui se tapent une journée de boulot avec la bouille d’une gamine de 3-4 ans dans le rétroviseur? 



On arrivait chez des clients et je faisais le bouffon, fidèle à mes habitudes.  Et que faisait mon papa?  Il souriait devant mes facéties.  Il me laissait transporter un carton ou deux, pousser un bidon en chantant  «la-lala-la-lère»… Je reprenais la route, non sans avoir fait un pipi dans le petit pot qu’il traînait dans le fond de la camionnette.  Je remontais ma culotte, reprenais ma place sur la banquette et poursuivait mon bla-bla insouciant collé sur mon papa heureux.

Un jour, nous nous sommes même arrêtés dans un « pit » de sable à St-Etienne-des-Grès pour que je puisse courir à en perdre haleine dans ce canyon improvisé.  Pendant ce temps-là, mon papa remplissait des sacs à la pelle.  Il a rapporté tout un chargement pour mon carré de sable, là où je passais des heures à construire des cités excentriques.

Lorsque j’ai eu 5 ans, mon papa m’a emmenée pour la première fois au ski.  Oubliez les moniteurs et les classes de neige :  c’est lui qui s’est chargé de m’apprendre les rudiments de ce sport.  Il m’appelait sa « Nancy Green » quand je progressais bien.

On était des mordus!  Il fallait plus d’une heure de route pour se rendre à la station St-Gérard-des-Laurentides, quarante minutes quand on optait pour Les Forges. Un jour, notre belle expédition du samedi a pris des allures de casse-tête.  Son véhicule lui a joué un mauvais tour au moment du départ avec une transmission qui refusait d’obéir sur la position « R ».   Pas de reculons, comment on fait pour aller au ski?

« On y va par en avant! », a répondu mon père.  Il a ri un bon coup et on est parti comme prévu.  Le soleil était au rendez-vous.  On a enfilé descente après descente, se gardant la dernière pour traîner le plus longtemps possible. 

« Regarde moi, papa! ».  Je lui criais de se retourner et je voyais un grand sourire fendre son visage.

Cette journée-là, on a piqué un sprint jusqu’à la voiture pour retirer bottes et skis.  Puis, on a démarré et on est reparti... de l’avant. 

On en parle encore de cette mémorable sortie en ski sans "reculons".  J'écoute mon beau papa relater son exploit.  Sous ses éclats de rire, je perçois la fierté d'un homme qui a toujours mis ses enfants "en avant" sans jamais s'empêcher de poursuivre ses occupations.  Quand on est papa, il n'y a pas de reculons.

Bonne fête des pères XOXO

12 juin 2012

Enquête sur le Bonheur




Le bonheur se trouve-t-il sur un bout de plage au sable poudreux à l’ombre de deux cocotiers?  Glissez vos doigts dans ce talc, prenez une gorgée de bière bien froide (ou de rosé, ou de Shirley Temple…) et dites-moi, dites-moi quelle est l’intensité du bonheur qui vous anime à cet instant sur une échelle de 1 à 10...




10?  Evidemment!  C’est la note Nadia Comaneci dans ce cas-ci.


« Mais non, ça c’est le plaisir! », me dit Christine, prof de yoga.  J’ai fait irruption dans ma classe de peinture en claironnant à la ronde « JE FAIS UNE ENQUÊTE SUR LE BONHEUR! ».

« Il n’existe pas, le bonheur!  C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper…Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est le Lama Guendune Rinpoché! », m’apprend Christine. 

Et moi qui partait faire une enquête…

Mais alors, qui a écrit L’Art du Bonheur?  Il me semble que c’est un certain Dalaï Lama.  N’est-ce pas le patron de l’autre, Guendune? 

*******

Retournons ensemble sur la plage de rêve :  j’ai choisi pour vous celle de Kuto à l’île des Pins.  Elle apparaît au Top 100 des plus belles plages du monde du guide lintern@ute voyage.  Si ce n’est pas une référence, ça!


Or donc, vous êtes là, avec un drink couleur coucher de soleil, à regarder au loin.  Il fait 32 degrés.

Et il pleut des cordes.

Ha, ha!  Éprouvez- vous du plaisir ou du bonheur? A moins que cela ne s'épèle D.É.C.E.P.T.I.O.N.?


Anna Quindlen, l'auteure d'une toute petite plaquette intitulée "A Short Guide to a Happy Life", a elle aussi tourné son regard vers l'horizon turquoise.  Elle croise un jour un sans-abri qui campe sur le boardwalk.  Lorsqu'il fait froid, il se couvre avec des journaux.  Elle finit par lui demander:  


"Mais pourquoi n'allez vous pas dans un refuge pour vous réchauffer avec une bonne soupe?


Il lui répond simplement ceci:


"Look at the view, young lady!  Look at the view!"


Simplement regarder ce qui se présente à soi, rien que ça. 


******


J'ai lancé cette question sur Facebook:  "Quels sont vos bonheurs?"


La réponse d'Alain m'a touchée.


"La chaleur et le vent sur ma peau font un contraste inexplicable (après) mes 8 mois d’hibernation.  Les yeux fermés pour cause d’éblouissement solaire…"

Quoi Alain, un courant d’air te rend heureux?
  
L'été se pointe le bout du nez et je l'imagine bien calé dans son "fauteuil rouillant", comme il l'appelle, pour goûter à la douceur de cette première brise chaude.   Alain est atteint d'un handicap au nom long comme le bras.  


Il ne fait pas qu'admirer le paysage.  Il le sent aussi. 


Look at the view and feel it...

Oubliez la citation de Walt Disney, celle qui dit « Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur ».  Il se publie des inepties pas possibles sur le dos du bonheur mais celle-là, c’est le comble.

Moi, j’opterais plutôt pour Bouddha :  « La voie est sous nos pieds ».  Et j'y rajouterais mon petit grain de sel avec tout le respect que j'ai pour "Bienheureux": « ...et n'oublie pas de regarder où tu marches sinon tu vas te planter».

Christine a raison :  le bonheur n’existe pas.   

«Tout est à toi, déjà.  Ne cherche plus.  Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l’éléphant qui est tranquillement à la maison.  Rien à faire.  Rien à forcer.  Rien à vouloir.  Et tout s’accomplit spontanément… »

Le Lama Guendune vient d'avoir le dernier mot sur Walt Disney.  


VOS PETITS BONHEURS SUR MA PAGE facebook

Christophe:  le bonheur le plus doux est celui qu'on partage
Annick:  prendre un verre de vin en regardant une montagne ou un coucher de soleil en bonne compagnie
Sonia:  sentir l'odeur de son enfant dans son cou en le serrant dans nos bras
Karine:  voir ma fille partir avec un beau sourire le matin
Nathalie B:  l'odeur du linge qui arrive de la corde à linge, regarder des photos en famille, entendre les oiseaux chanter
Guylaine:  prendre un café avec un chat qui ronronne blotti sur mes genoux
Nathalie G:  faire un feu en plein après-midi au chalet, écouter le silence
Alain D:  écrire pour faire rire et faire de la musique
Ginette:  être encore en amour après 34 ans
Nathalie P:  ma bulle, course et musique!
Renée-Claude:  sauter dans un lit en arrivant à l'hôtel (c'est bien elle, ça!)
Claire:  apprendre que je viens d'être mamie!
Linda:  revoir sa famille après une année d'absence
Emilie:  planter un arbre avec mon fils


NOS PETITS BONHEURS