17 oct. 2012

Où sont mes CLÉS, "?%$(!Ö* !!!



Il y a trois mots tabous chez nous : CLÉS . DE . CHAR. 

Je traduis pour mes amis français : ZE / CLES / DE LA / BAGNOLE. 

J’ai un sac à main grand comme un garage double où je planque l’essentiel : mon porte-monnaie, mon chéquier, mes lunettes , mon rouge à lèvres et mes clés de char.   Total Fen shui.  Si j’avais un chihuahua là-dedans, il se sentirait esseulé. 

Allez savoir pourquoi, je parviens tout de même à ne pas retrouver mon trousseau dans ce fatras minimaliste.  J’ai beau racler le fond de mon sac, rien.  Houdini lui-même deviendrait gaga.  Comment peut-on faire disparaître des clés dans un si grand sac qui ne comporte aucun double-fond?

Rien dans les poches, rien dans les manches.  Mes clés se téléportent.  Où?  C’est là que le plaisir sadique commence.

L’autre jour, je me gare au centre-ville, place des Cocotiers.  Ça ne s’invente pas, il y a une place des Cocotiers à Nouméa.  Je vis dans un pays exotique.

Je me souviens du ding-gue-ling! des clés qui tombent au fond de ma sacoche XXL.  J’enregistre, j’imprime, je prends une photo.  Elles sont là.

Enfin, c’est le souvenir que j’en ai.

Je vais chez la gynéco, je dévalise une boutique avec ma fille, j’enfile rue de l’Alma et je vais faire quelques essayages à la friperie de Victoria.  90 minutes et 100 dollars plus tard, on décide qu’il est temps de rentrer.  Confiante, je plonge la main dans mon sac à main.  Et là, RIEN.   
J’ai beau fermer les yeux pour m'immerger dans de vagues réminiscences, pas d’images, zéro mental.

J’atteins un état proche de l’attaque de panique jusqu'à ce que l’éclair surgisse :  je fonce vers ZE BAGNOLE et elles sont là.  Les clés sont dans le contact.  Et les portes ne sont pas verrouillées.  Sûrement, vous pensez :  "Bingo, c’est la reine des fêlées! "  Vous n’avez pas tort, c’est con de laisser son char place des Cocotiers avec les clés dedans.  Mais ça prouve qu’un KIA qui affiche 60 mille kilomètres au compteur n’est pas aussi tentant qu’une BMW avec un IPhone 5 sur la banquette…

Chaque fois que je m’enfonce dans un épisode angoissant, je relis les consignes lénifiantes de la compagnie Auto LockSmith Services écrites dans un franglais très clair :

« Lorsque vous êtes dehors et environ sur votre routine quotidienne, il est la loi de Murphy, selon laquelle tout ce qui peut aller mal, ira mal. »

Mais comme le dit LockSmith, je ne finis jamais en lockout de ma voiture.  En ce qui me concerne, je back track sur ma routine et je retrouve le bonheur, en l’occurrence, mon set de car keys. 

Respiration.  Introspection.  Remonter le fil de ses petites folies quotidiennes sans sombrer dans l’hystérie.  Et trouver.  Ce n’est pas un hasard s’il y a une tête de Bouddha qui orne mon set de clés de char.  Pas de mauvais karma avec Bouddha.  

Juste un long labyrinthe vers la case départ.  Arrêter le temps pour tourner en rond.  Un plaisir qui peut durer longtemps longtemps...

9 oct. 2012

Dégonflées, les quetouches…

http://www.brogol.fr/dessin/des-seins-le-retour/


Je rêve à mes seins.  Moelleux et lourdeaux, frémissants sous le satiné d’une robe d’été, presqu’au garde-à-vous.  Des « girls » coquines qui se hérissent à la moindre brise.  Dans mes  songes, ils ne sont pas en soie fripée, sensibles, tatoués d’ecchymoses là où j’ai eu les biopsies.  J’ai des seins de rêve, des attributs dignes de Marylin, plus grands que nature.  Ils prennent toute la place, ils annoncent mon arrivée et font regretter mon départ.  Un mirage voluptueux.  Mes seins de jadis, ceux qui nourrissaient mon fils, retroussés par une menotte autoritaire.  Une petite giclée sur la joue de mon époux qui tournait comme un loup dans la bergerie.   Dans mes rêves, je les pose au creux de mes mains et j’épie la vie qui s’y trouve.  Dans la vraie vie, je les pose au creux de mes mains pour les soustraire à la loi de la gravité.

S’ils pouvaient parler…Mes seins vous réciteraient mes extases.  En crescendo, en decrescendo, les explosives et les petites ordinaires du quotidien.  Y a-t-il une autre partie du corps qui soit aussi festive, parée (et parfois déguisée!) ou merveilleusement dénudée?  Les yeux observent, le nez hume, les mains s’accrochent et les seins…Les seins règnent.

« Il faudrait donner la parole à nos seins lorsqu’on a le cancer! », me disait une amie l’an dernier.  Elle avait fait le deuil de sa poitrine quelques mois plus tôt après une mastectomie complète.  Ablation ou pas, on a toujours des seins entre les deux oreilles.  On fait « comme si » avec des prothèses, des bourrures, des bombés et du rebondi.  Cette amie avait finalement accepté de sangler son poitrail avec un soutien-gorge factice.  Un lifting dans le t-shirt, ça rend de bonne humeur.

« Touche, ils sont pas durs du tout », dit-elle en m’invitant à poser mes mains sur ses bonnets « B ».  Mais à son sourire, c’était du triple D de bonheur. 
Je tâte et ma foi, c’est vraiment comme dans mon rêve :  ferme et moelleux.  Ma belle amie, une grande blonde qui me toise d’une bonne tête, arrive à oublier le big « C », le cancer.  Et moi, j’oublie que je la pelote en plein après-midi,  dehors,  à la vue de tous les voisins.  Et nous éclatons en riant.

En attendant la chirurgie, il m’arrive de perdre mon sourire.  Si le plan de match va comme prévu, je conserve mon sein gauche, celui où se trouve la tumeur.  J’aurai la paire au réveil.  L’un d’eux sera cependant balafré mais malgré tout souverain. 

Elles n’étaient pas si mal, mes quetouches.  Avec juste ce qu’il faut de flétrissement pour attendrir mon amant vieillissant.  Je ne leur en voulais pas de baisser pavillon.  Je n’ai même jamais pensé les soumettre à la torture d’implants ou d’un redrapage.  Un décolleté plongeant?  Le débat ne durait jamais bien longtemps…Je prenais encore mon pied en les habillant de dentelle.    Mais cette belle insouciance est désormais chose du passé.  Mon regard change parce que mes seins m’ont trahie.  D’innocentes mamelles où se tapie dorénavant Alien, un prédateur que je ne dois pas sous-estimer.  Oubliez les affriolants Lejaby, il faut plutôt sortir la matraque.

Ce n’est  pas mon genre de finir avec des allusions violentes.   Ma mère m’a donné une minuscule croix incrustée de pierres roses.  Je la laisse pendre au bord de mon décolleté abyssal.  Abyssal dans mes rêves.   Regardez-moi dans les yeux, comme le disait Chantal Chantal Toupin.  Je suis une femme.  Je ne suis pas malade.  

4 oct. 2012

Dr Doolittle sur l’acide

Aussitôt que vous mettez les pieds en Australie, difficile de ne pas céder à l’envie d’admirer les animaux emblèmes de ce grand pays :  dingos, kangourous, crocodiles et koalas.  Vous avez l’appareil photo au bout du bras, prêt à débusquer votre première peluche dans les branches odorantes d’eucalyptus.  Mais chercher un koala juché dans un arbre faisant la sieste pendant vingt heures, c’est comme tenter de tomber sur un républicain mormon dans un bar de danseuses. Il faut savoir que le koala et le républicain se fondent dans la nature.



Kangourous?  Il y en a... Mais cœurs sensibles accrochez-vous :  le cousin de Skippy n’a souvent pas de bol et il se retrouve les quatre fers en l’air le long de la route.  En combinant Brisbane et la Sunshine Coast, on arrive à un total de 2 millions et demi d’habitants sur cette portion de côte.  Pas étonnant que les kangourous se sentent un peu à l’étroit sur le territoire et finissent en crêpes sur l’accotement des axes routiers.

Quant aux crocodiles, j’estime qu’il est préférable de les admirer sur un panneau signalétique lorsqu’ils crapahutent en liberté dans la nature.  Quoique…Après réflexion, ils sont beaucoup plus mignons dans une rivière brune du Queensland que déguisés en sac à main Gucci dans une vitrine d’une chic boutique de St-Petersbourg…



Nous aurions pu opter pour la Tasmanie et le désert australien, là où ces espèces pullulent mais nous avions pris le forfait asphalte et plages bondées.  Solution? Mettre le cap sur un zoo mais pas n’importe lequel :  le zoo de Steve Irwin, le Crocodile Hunter de la populaire série diffusée dans 130 pays.



Premier choc :  le prix de l’attraction.  250 dollars australien pour une famille de 5 avec trop d’enfants qui ont plus de 12 ans.  Deuxième choc :  la douche d’amour!  Traitez-moi de cul-cul la praline, mais il y a un culte encore vibrant pour  l’animateur-aventurier survolté avec son accent qui claque avec des CRIKEY!  en guise de ponctuation.   Un zoo créé par ses parents alors qu’il n’avait que 8 ans.  C’est cet endroit qui a insufflé à cet enfant la passion du féroce et du dangereux.  Comment peut-il en être autrement lorsque votre animal de compagnie est un python de 4 mètres de long et que votre passe-temps consiste à nourrir les crocodiles? 

J’ai eu l’impression de visiter une belle grande famille.  Des oiseaux géants volaient au dessus de ma tête, les koalas se sont réveillés pour le câlin dans leur fourrure touffue comme un shaggy et les crocodiles ont balancé leur regard froid pour impressionner la galerie.  J’ai aussi été généreusement arrosée par un éléphant qui avait la trompe bien baveuse lorsqu’il a attrapé les trois courgettes qui je lui ai tendu.  Du bonheur.



Australia Zoo :  8/10

30 sept. 2012

En Australie avec les kangourous, les koalas et le crabe

En Australie avec les kangourous, les koalas et le crabe


J’étais pendue au bout du fil d’un téléphone à 22 lignes dans le hall d’un chic hôtel de Queen’s Street à Brisbane. C’est là que j’ai appris que j’avais le crabe. 

« Bonjour docteur Machin!  C’est Chantale, votre patiente canadienne… ».  

J’imagine le gynécologue dans son cabinet de Nouméa, un bon vivant dans la cinquantaine, son téléphone cellulaire collé à l’oreille, en train de chercher le dossier de la « canadienne ».

Seulement voilà :  pas de froufrou dans la paperasse accumulée sur son bureau.  Il me répond avec un soupçon de reproche dans la voix :

« Ahhh!  Enfin, vous voilà!  J’ai laissé plusieurs messages et j’ai tenté de vous joindre par courriel et je n’avais toujours pas de nouvelles! ».  

Mettons nous tous à ce moment précis sur la touche Pause :  j’ai en ligne un médecin spécialiste qui a décroché son téléphone cellulaire après deux drings!  et il est en train de me dire qu’il me coure après depuis une semaine.  Frissons sur ce fantasme que j’ai longtemps nourri dans les salles d’attente du Québec.  Mais ce sera l’objet d’une autre réflexion…

« Pis? »  Question succincte parce que j’ai la bouche sèche et les jambes en coton.

« C’est pas bon, c’est vraiment pas bon…Vous avez un début de cancer du sein, il faut tout de suite vous faire soigner »

Dans cette phrase débitée en 10 secondes, j’ai attrapé au vol trois mots :  début de cancer.  Pas un cancer au complet, plutôt les prémices d’un mini calvaire, un embryon de 8 mm,  un bourgeon ou au pire, une verrue.  Rien d’autre qu’un début.  Un crabe qui se débat dans le creux d’une paume de main. J’hyperventile tout de même un peu mais je reprends vite mes esprits.  J’ai d’autres chats à fouetter : annoncer la nouvelle à mon mari et à mes trois enfants et ensuite poursuivre notre merveilleux séjour en Australie.  Le crabe peut attendre une petite semaine avant de se faire écrabouiller comme un vulgaire cafard.

C’est  donc au beau milieu de ce hall d’hôtel grandiloquent que j’ai annoncé la nouvelle à mes enfants et à mon mari.  Ils ont refermé leur quatre paires de bras sur moi, la meilleure armure qui soit.  J’ai soufflé sur leurs larmes avec une seule envie:  éteindre le feu brûlant de leur crainte face à la mort.

« Je ne veux pas perdre mes deux mères », a chuchoté ma plus jeune, Princesse des îles. 

Je l’étreins avec amour espérant ainsi étouffer son angoisse.  Je lui fais le topo du cancer stade-1, je lui exhibe le bout de mon petit doigt pour illustrer la taille de cette vilaine bête, je sautille en battant des bras pour prouver que je pète la forme.  Je me fends d’un large sourire pour souligner ma rage de vivre et mon indécrottable bonne humeur.

Dans ce mot, « cancer », il y a ce fil fragile qui nous relie à l’angoisse d’un long tunnel sombre et froid.  Il est normal que mes enfants se sentent eux aussi happés à la vue de ce gouffre qui s’ouvre devant eux.  Je redoute le crabe comme les tricots rayés,  ces serpents mortellement venimeux de la Nouvelle-Calédonie.  Fort heureusement, ils n’ont qu’une toute petite bouche qui ne leur permet pas d'inoculer leur foudroyante perfusion de venin.  Malgré cette évidence, je les regarde de loin et je les tiens en respect.

Le cancer me force à me hisser haut, très haut, pour voir la beauté de ma vie.  Et elle est vachement belle ma vie :  une famille, des amis et 48 ans de pur bonheur en arrière de la cravate.   C'est de l’artillerie lourde pour entamer ce combat, n’est-ce pas madame-monsieur?

On a passé un quart d’heure dans le hall d’hôtel puis on a repris le chemin de l’Australie.  C’est un grand pays et on n’a pas de temps à perdre.  Nous sommes allés fourbir nos munitions en emmagasinant dans notre mémoire tous ces paysages tourmentés par la violence de la force de la vie.



















J’étais une expatriée dans le Pacifique.  Me voilà maintenant guerrière avec le couteau entre les dents.

Vendre sa maison, planquer sa vie dans dix valises et mettre le cap sur une petite île paradisiaque du Pacifique avec mari et enfants : c’est le sujet de ce blog depuis les deux dernières années. 

Il y a eu la brousse et ses aventures abracadabrantes.  Les rêves éveillés devant la splendeur d’un bout du monde qui n’a jamais cessé de nous souffler par la puissance de sa beauté.  Sincèrement, il fallait parfois que je me pince avant de m’accouder devant mon clavier d’ordinateur pour vous décrire ce bonheur. 

Il y a bien sûr eu quelques épisodes ou j’ai chiqué la guenille à propos de tout et de rien.  Trois jours de pluie, une pénurie de carottes, des ados rebelles qui trépignent parce qu’il veulent « vivre leur vie » : il suffisait de peu pour que je démarre au quart de tour, prête à épancher mes petites et grandes frustrations.  Entre les lignes de ces chroniques caustiques, j’ai toujours cherché à mettre des sourires. 

J’aime vous savoir là, au fil des péripéties.  Restez avec moi pour la suite de ce drôle de récit. Je continuerai à vous décrire ma Calédonie.  J'ajouterai cependant quelques épisodes sur "mon" cancer.



21 août 2012

L’art de la conversation


Chéri l’a.  Je ne l’ai pas.  Je vous parle ici de la stratégie « perron d’église », l’art subtil de gribouiller un dialogue.  Lui, c’est l’artiste.  Je suis la cancre de service. 

Pour s’engager dans un échange verbal au milieu d’une tribu d’individus, il faut respecter un minimum de règles.  L’écoute active, les mimiques expressives, le jargon politiquement correct, gestes contenus dans bulle imaginaire, liens subtils.  Un rallye linguistique.

Ces règles ne s’appliquent pas lors d’un débat politique.  On assiste plutôt à de la tauromachie sans toreador.  Drôle de confrontation!  Seulement deux taureaux en mode perpétuelle de collision frontale.

Les politiciens savent-ils que la caméra dissèque les moindres frémissements colériques?  Gros plan sur la griffe du lion dans le front…Voilà!  Image grossissante des couteaux dans les yeux :  attention, c’est presque du 3-D et vous allez vous en attrapez un dans votre salon si vous fixez l’écran trop longtemps. C’est le théâtre du côté sombre de l’humain où se jouent le dédain, l’épouvante, le perfide et surtout, les mines de vierges offensées.  Un vrai rayon X de la panique ambiante.  Plus ils ont foiré, plus ils se battent comme des coqs au fond d’une ruelle.  Sarkozy a beaucoup jappé à la face de Holland.  Et qui donc soufflait « ATTAQUE! » à Jean Charest lors de son face-à-face avec Pauline Marois? 

Mais tous les électeurs vous observent en train de perdre les pédales!  Ce n’est pas bon, pas bon du tout!  Oubliez la cravate assortie et dégottez vous l’air rassurant-convaincant qui hurle « je peux diriger un pays ».  Je ne sais pas s’il s’en trouve dans un Costco près de chez vous, ma foi!

Mais la pire des erreurs, ce sont des antagonistes qui se vautrent dans la cacophonie.  Cacophonie, vous ne trouvez pas que ça sonne comme caca?  Si on ne pige pas une seule idée, qu’elle soit de droite, de gauche ou entre vos deux fesses, personne ne réussira à se faire sa propre opinion.  Faites comme dans les cliniques sans rendez-vous :  prenez un numéro et attendez votre tour.

Je rêve d’une joute verbale où les mots se catapultent dans le camps adverse avec la précision des missiles Scud.  Boum!  Batman ne parvient-il pas à conserver sa crédibilité même s’il est masqué (et en collant?).  On veut des hommes forts, des femmes inébranlables.  Un débat?  Jouez-le super héros.

Chéri ne sera plus le seul à m'inspirer l'excellence dans l'art de la conversation.

16 août 2012

Elle s’appelait Lina


Debout sur la montage, je tourne les images des parapentistes du Ouen Toro.  Depuis le temps que je les vois picoter le ciel au dessus du lagon, je décide finalement d’aller y voir de plus près.

Tout en admirant ces poètes lancés dans le ciel, chassant la brise du large, j’ai eu une pensée pour Lina, ma cousine décédée.

Comment vous la décrire?  C’est une cousine mythique que je voyais de temps en temps.  Enfant, je la suivais comme un chien de poche pour toucher sa longue chevelure ondoyante attachée avec un cordon de cuir.  Je l’imaginais sur la pochette d’un disque de Fiori Séguin avec  un brin de foin au coin des lèvres.  Lina-Flower-Power.

Ma cousine a ressurgit alors que je commençais ma carrière en journalisme.  La fière trentaine, touche-à-tout des communications, allumée, aventurière. 
Elle enchaînait les projets, les passions, les petites folies :  sillonner les routes des îles de la Madeleine sur sa Harley Davidson, virevolter tout en arabesques sur un trapèze (l’aérobie, ce n’était pas pour elle!), apprendre la joaillerie, se marier pour ses 50 ans, teindre ses cheveux de toutes les couleurs, gâter ses parents, voyager.

Sa vie s’est arrêtée sur la route 132 entre Sorel et Nicolet.  Je crois bien qu’elle avait 51 ans.  Collision multiple impliquant un camion semi-remorque.  J’ai écrit 100 fois ce genre de nouvelles mais je n’arrive toujours pas à rédiger trois lignes sur ce terrible accident.

Lina a subi un grave traumatisme crânien.  Elle s’est retrouvé emmurée dans son propre corps, incapable de communiquer avec les siens si ce n’est en soulevant l’index ou l’avant bras.

Mais même dans cette caverne sombre et parfois triste où elle est restée pendant 3 longues années, je suis convaincue qu’elle allumait sa propre lumière.  Tête en bas, entre ciel et terre, à se balancer sur un trapèze.  Chevelure bleue au vent au volant de sa Harley Davidson.  Parée de bijoux.  Habitée de beauté. 

Ma cousine mythique aurait eu 57 ans le 25 août prochain.  Je retiens d’elle les plaisirs fougueux et le bonheur en mode partage.


Bonne fête Lina.  Je te dédie mon reportage sur ces fous qui osent se jeter dans le monde tout comme tu as si bien su le faire.

3 août 2012

Voyager léger quand vous broyez du noir


Mardi matin.  Le ciel est plombé d'un gris-Québec-en-novembre. Même ici, on maudit l'hiver, même s'il est délicieusement austral.  J’ai envie de fendre les flots de la baie juste en face de chez-moi.  Nagez jusqu’au premier îlot ensoleillé, dérouler une natte et faire un éventail avec mes orteils dans le sable blanc crème.  Une pause langoureuse avec une Heineken dans une main et un magazine débile dans l’autre.  Un beer buzz à midi, les yeux mi-clos et un sourire gaga, c’est le label des incorrigibles vacanciers.


J’ai besoin d’air.  La reine du foyer a le droit d’être au bout du rouleau.    Début de crise de la quadra? J’en ai déjà guérie plus d’une et je connais le remède pour éviter que ça pète :  partir sur un nowhere.

Je saute sur mon clavier et tape les destinations les plus folles :  Fidji, Bora Bora, Hawaii, Fukushima (non, là je pousse un peu…)

Où aller pour une escapade de 4 jours en amoureux?  Il y a un déclic :  Lifou.  35 minutes en avion, pas de décalage horaire.  Même monnaie mais tout de même, langue étrangère.  On y parle le Drehue.  Ça sonne comme de l’inuit avec beaucoup de consonnes.  Une langue vachement rigolote parce que les habitants de Lifou n’arrêtent pas de se marrer comme s’ils étaient en plein festival Juste pour Rire.  Toujours la banane fendue jusqu’aux oreilles, les épaules qui sautent, la main qui tape sur le genou et ça glousse et ça pouffe.  Si j’étais parano, je croirais dur comme fer qu’ils se foutent tous de ma gueule.  Mais non, ils sont comme ça :  heureux comme dans les pays scandinaves à la différence près qu’ici, il fait 25-30 sous le soleil et pas zéro avec un petit crachin.


Je profite du spécial deux nuits pour le prix de trois au chic Drehue Village à We.  L’aubaine ne s’arrête pas là :  nous avons aussi un coupon-rabais de 50% pour un dîner en amoureux sous le faré.  Je suis aussi chiche que folle à lier.  

Pour cette escapade, petite valise :  un seul et unique bikini, mes claquettes Sketchers, deux robes roulées en boule, le top à paillettes, un jeans et une petite laine.  A cela s’ajoute la tonne de revues, l’aquarelle en kit, la trousse à maquillage et plusieurs bouteilles de vin.  Ne pas oublier la cafetière expresso et le mini-réchaud de camping.  Au bout du compte, Chéri croule sous le poids du sac :  25 kilos.  On sort la poignée de menue monnaie pour défrayer la surcharge.

Et nous voilà partis!  Un « must » à Lifou :  louer un véhicule pour aller se perdre sur un bout de plage.  Luengoni est dingue.  Brooke Shield aurait quitté le plateau du Lagon bleu pour venir tourner son film ici si elle avait vu ce lieu de rêve.  Une demi-lune de sable blanc d’un kilomètre et une eau turquoise qui vous éclate la rétine tellement la couleur est intense.  Nous avons loupé l’attraction locale :  une grotte sous-marine de 30 mètres…Bah, il faut se réserver d’autres découvertes pour un prochain voyage.   Nous avons déjà mentalement planté notre tente à deux pas de ce paradis, au gîte Jeanne Forrest. 



La baie Wadra n’est pas mal non plus si on aime les images d’écrans de veille d’ordinateurs.  Plus caillouteux en raison des récifs coralliens mais carrément hypnotique avec des reflets de Sainte-Vierge sur l’acide.  De temps en temps, une tortue qui se prend une petite gorgée d’air frais et plop!  la voilà qui replonge pour aller brouter son pain quotidien. 




J’ai craqué pour la plage de Peng, ma préférée.  Wow!  À s’en décrocher la mâchoire… La plage de Peng se trouve au bout de la route de terre, tournez à droite juste avant le terrain de foot dans la courbe avant d’arriver à Drueulu.  Vous vous perdrez de toutes façons, il y a autant de terrains de foot que de patinoires au Québec. 






J’ai posé ma serviette à côté d’une pirogue.  Pas un truc en carton pâte, une vraie pirogue en bois avec la poupe (ou la proue?)arborant la face sculptée d’un requin comme dans les photos du National Geographic.  L’aventurière que je suis a ensuite sorti une cannette du sac à dos de sa tendre moitié pour déguster une bonne bière tiède.  Je suis au paradis.  Je recommande le beer buzz de 4 heures sur le bord d’un lagon pour soigner la dépression passagère de la ménagère.



17 juil. 2012

La Nouvelle-Calédonie en chiffres













Il y a 22 mois, les 5 membres de notre familles ont posé 10 valises sur le tarmac de Tontouta.  C'était un four, je m'en souviens très bien.  J'ai failli m'évanouir lorsque j'ai vu un thermomètre électronique indiquer 39 degrés.  Il y avait même un feu de forêt qui faisait rage au col de la pirogue.


En entrant dans la ville, les cocotiers en rang d'oignons le long des baies bordant Nouméa se sont inclinés pour laisser filtrer un peu plus la lumière.  Le lagon est apparu, turquoise.  Envie de fendre l'eau d'une bonne brassée.  C'est à ce moment qu'un poisson déluré a sauté, avec pour mission sans doute de nous saluer à sa façon.


15 mois en brousse et presqu'autant d'amis.  C'est ma petite comptabilité, une page avec une seule colonne, celle des crédits.  Je me suis enrichie.


Nous voilà en ville dans notre deuxième moitié de vie en Nouvelle-Calédonie. Mon carnet de voyage est loin d'être rempli:  nous avons encore bien des aventures à vivre.  


2 ou 3 autres expéditions en mer
Séjour dans les 3 îles de la Loyauté
1 virée en Australie
Plusieurs soupers bien arrosés
1 weekend entre copines à Sydney
Moins d'une demi-douzaine de raids...
Autant d'expéditions en camping que j'ai de doigts sur mes deux mains


Le temps file.  Il faut compter.




12 juil. 2012

Vendredi 13 peut tomber sur un lundi


Hoooo!  C’est vendredi 13, planquez vos chats noirs, rangez vos poupées vaudous et ne marchez pas sur les craques du trottoirs.

Il y a une ombre obsédante qui vous épie, prête à vous faire une magistrale jambette. 

Curieux ce sentiment fataliste, ce parasite du quotidien, cette cheville de bois dans l’engrenage pourtant bien huilé de votre routine.

Pour moi, vendredi 13 peut tomber n’importe quel jour.  Ça arrive à l’improviste.  Je ne suis plus moi.   Je deviens Miss Calamité. 

Je vous fais grâce des verres de lait renversés, de la casse systématique des coupes de vin de ma défunte belle-mère (sauf une petite flûte à porto qui a échappé au cataclysme) et des brassées de blanc qui tournent au rose.

Le chapitre des pièces d’auto détachées fourmillent aussi de rebondissements.  Un pneu crevé, un pare-choc rayé, une tôle en clin d’œil sur l’aile arrière de la bagnole…J’ai donné.  Et on n’était pas un vendredi 13.  On était juste…pressurisé. 

Et il y a le jour où j’ai vomi sur un mur de mon collège en plein examen du ministère.  Ce n’était pas un vendredi 13.  C’était plutôt un jeudi salami.

Perdre une poignée de vingt piastres.  Trouver un cinq.  Faites le compte :  on est encore le 13.

La duperie du jour mal aimé peut frapper au beau milieu de la nuit :  un dégât d’eau monstrueux et voilà la maison devenue Atlantis avec en prime une douche dans le corridor.  Mieux vaut avoir une poubelle propre sous la main pour  1) Récupérer le Niagara jusqu’à assèchement.  2)  Pleurer un bon coup dedans.  Mais le lendemain, Oh miracle!  Ce n’est plus le 13, c’est le 14.  Il y a un jeune plombier blond en dreadlocks qui vient tout éponger…

Les architectes ont trouvé la solution :  le déni.  Pas de treizième étage dans les gratte-ciel.  Avouez qu'il s’agit d’un raccourci un peu trop accomodant quand on saute du 12 au 14.  Gommer le 13, c’est prétendre qu’on est invincible.  Je suis loin de l’être.

Quel est le talisman pour faire fuir tous les jours la poisse du vendredi 13?
Respirer, même avec un talon coincé dans la grille d’une bouche d’aération.
Il se trouve toujours quelqu’un pour vous sortir d’un mauvais pas si vous êtes prêts à en rire.

Et croyez moi, je ris très souvent.

9 juil. 2012

La pause récré des joyeux Naufragés


« Les enfants, papa et moi on se pousse sur un îlot! », ai-je lancé à mes trois ados il y a deux semaines. 

Ce ne sont pas des paroles en l’air.  On a mis quelques bières au frais, balancé la crème solaire, le bikini et les revues pêle-mêle avec le sac de croustilles et on a passé le pas de la porte en soufflant des bisous au dessus de notre épaule. 

Pendant ce temps, je crois que les enfants soufflaient eux aussi…Tchao bye, les vieux amoureux!

Quelques minutes plus tard, on filait sur le lagon turquoise.  Cap sur l’îlot Maître.

La réserve naturelle doit avoir la taille d’un MINI-WHEATS.  Sur son côté givré, un luxueux hôtel avec bungalows sur l’eau.

Côté nature, c’est le terrain de jeu des kite surfers qui allument le ciel avec un bouquet de voilures gonflées et colorées.

Et juste en face, Nouméa sous les rayons. 

On a fait le tour en 22 minutes top chrono en traînant nos gougounes dans le sable chaud.  Étonnant tout de même qu’on ait croisé 5 tricots rayés…

Vers la fin de l’après-midi, le téléphone portable de Chéri a sonné.  «Allô oui?»

C’était les enfants qui voulait savoir ce qu’on allait manger pour souper. 

Les joyeux Naufragés peuvent rentrer.  Taxi!






3 juil. 2012

Miou Miou sur le caillou


Une main dans les cheveux, l’autre glissée dans la poche, Miou Miou semble s’être glissée hors de l’écran géant qui lui sert de rideau de scène derrière elle.  L’actrice française a passé un petit quart d’heure avec les cinéphiles du festival du cinéma de la Foa, dans une salle de Nouméa.  Elle s’était prêtée à l’exercice deux jours plus tôt à l’ouverture de l’événement cinématographique en brousse.  Un pull léger sur son jeans, elle fripe une mèche en nous avouant qu’elle serait bien restée dans son lit à l’hôtel :  «C’est à l’arrache à cette heure! »  En effet, il est déjà onze heure moins quart et le générique défile encore sur ce beau classique poétique qu’est La Lectrice de Michel Deville.

Une question timide du public et la voilà déjà réveillée, l’ingénue aux fesses à l’air.  Elle rit en se remémorant la scène où Patrick Chesnais, dans son peignoir de PDG,  se retrouve le nez sur ses miches rondes.  C’est là qu’il finit par poser le livre afin de le dévorer.  Lubrique?  Plutôt comique lorsque le comédien lui confie entre deux prises :  «Et dire que j’ai raconté à mes enfants que j’allais travailler!»  Et la belle de s’esclaffer en secouant ses tifs devant le parterre de spectateurs du Cinécity.

Les questions déboulent et les anecdotes se savourent.  La si jolie coupe de cheveux de Marie?  Un accident capillaire.  Si La Lectrice a les cheveux courts, c’est que Miou Miou s’était cramée la tête avant le tournage.  La coupe a fait mouche and the rest, as they say, is history…

Le film avait décroché le grand prix des Amériques au festival des films du monde de Montréal en 1988.  Celle qui l’avait aimé plus que tout, nous dit Miou Miou, c’est son amie Clémence Desrochers.  Clémence y a vu l’essence de son père, le grand poète Alfred DesRochers.  Un hommage aux écrits qui est allé droit au cœur de l’humoriste du Lac Memphrémagog.

Onze heure et quart.  Les questions fusent.  Qu’est-ce qui fait la beauté de ce film?  Comment expliquer son fulgurant succès?  Ahh, c’est un film sur l’imaginaire, un film français plein de mots charmants, un film dont l'action est campé dans une jolie ville de province, Arles.  Et un film avec du cul…oh! pardonnez moi, avec de la sensualité…Miou Miou est un panier percé, on peut voir le jour tellement c’est transparent tout au fond d’elle.  Pas de faux-semblants.   Elle dit : «Je ne sais pas».  Elle répète : «C’est comme ça, je ne suis qu’une actrice.  Puis elle ajoute :  «J’irais bien me coucher».

Le quart d’heure passe et déjà elle en grignote un autre juste pour raconter l’inoubliable partie de plaisir lors du tournage de Milou en Mai.  Des acteurs "superbes" dans un endroit "magnifique".  "On buvait tout le temps", marque-t-elle pour donner la pleine mesure de ce tournage qui avait toutes les allures d'un festival.   "C’était génial!"  Ils étaient frappadingues ces comédiens, essayant de deviner ce qu’il pouvait bien y avoir dans leur cocktail inventé.  On nommait un alcool ou deux et au troisième, on avait déjà oublié le début de la recette. 

Miou Miou fait danser sa crinière de soie, incrédule en songeant au temps qui passe.  «La Lectrice?  En 1988?»  Et oui Miou, Miou, ça va faire bientôt 25 ans.  Toi et moi, dirais-tu qu’on n’a presque pas attrapé la patte d’oie? 

Le public lui concède finalement une pause. Allez, il se fait tard et demain, tu dois abattre du boulot, tu es présidente d’un jury après tout.  Il y a une demi heure, Miou Miou se glissait hors de l’écran géant.  Elle ira bientôt se glisser entre les draps.  Elle repart en rebobinant sa mèche rebelle sur son doigt, sourire aux lèvres, déjà prête à faire de très beaux rêves.

Bonne nuit, Miou Miou.

26 juin 2012

Une pelletée d’images


Facebook nous fournit la sagesse emballée sous vide aussitôt qu'on se sent partir à la dérive.  Des petits chats enrubannés dans des boucles roses, des chiots feignant l’orgasme avec les yeux mi-clos bordés de longs cils, des bébés potelés qui parlent en paraboles dans des bulles de bande dessinée sans oublier les canards en imperméable qui ont du rouge à lèvres peint au coin de leur bec.

L’amitié est un trésor sacré à ne jamais égarer!

La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure!

Ou ma préférée :

L’amitié c’est faire l’amour sans se toucher…

Ou celle-ci, avec les roses, le chat, la calligraphie et surtout, le bébé de deux mois qui se tient tout seul sur sa balançoire.  Allô les fleurs bleues, prenez vos pilules!



Au rayon philosophie de ce grand Wal Mart des phrases à deux cennes, on tend la main devant une telle surabondance et on remplit son panier à ras bord. 

J’haïs Wal Mart.  Le totalitarisme des phrases bonbons, ça me tombe sur le cœur.

Si vous en avez ras le pompom des pensées philosophiques en format twitter, j’ai pour vous une alternative.  Le genre petite boutique de jolies phrases incrustées de mots qui sonnent comme des chansons.  Il y a même une place sur les rayons pour les poèmes lumineux.

Ah!  J’oubliais le plus important : ils ont aussi le coin photos.  Des instantanés de la vie de tous les jours , vous savez, ces moments fugaces où le soleil caresse plus qu’il ne touche.  Des prés de fleurs où on a envie d’aller se rouler, un glaçon qui fond jusque sur vos lèvres et l’abandon des enfants dans l’étreinte d’un bonhomme de neige.  Et des mots pour fleurir ces gravures lumineuses, des mots qui roulent comme les cailloux dans les rivières rieuses.

Tout ça se trouve chez le docteur du bonheur, Francis Pelletier.  Entre deux consultations à sa clinique de Nicolet (ou à l’urgence du centre de santé), le médecin de famille ausculte son dictionnaire pour opérer la magie.  J’ai fait sa connaissance il y a de ça 20 ans lors d’une entrevue à ma quotidienne télé «La Vie en Mauricie».   On y présentait ses premiers calendriers poétiques.

Le réalisateur, dans mon télex :  « Qui est le premier invité? »

« Francis Pelletier, Pelleteur de nuages », dis-je dans mon micro-cravate.

« Et moi je suis le coiffeur des chauves », répond-il en riant.

Les Pelleteurs de nuages ont fait du chemin depuis :  une maison d’édition, des vêtements, un magasin de bonbons, un hôtel.  Et un blog, bordel!  
Francis, combien as-tu de clones pour réaliser tout ça?


Je vous invite à le découvrir.  Une petite bouchée pour goûter?  Voici un de mes textes préférés :


IL Y A
Il y a ceux qui naviguent,
et ceux qui comptent le faire, un jour, peut-être, si...
Il y a ceux qui prennent la mer,
et ceux qui se font prendre par leur mère.
Il y a ceux qui dérivent, aux courants et aux vents,
et ceux, sur la rive, courant sous l'auvent.
Il y a ceux qui courent toujours tous les risques,
et ceux qui en prennent, a toujours les éviter.
Il y a ceux qui ont tant à perdre,
et ceux qui perdent leur temps.
II y a ceux qui le prennent, le temps,
et ceux qui le tuent.
Il y a ceux qui voient gros,
et ceux qui n'en mènent pas large.
Il y a ceux que l’on aime détester,
Et ceux que l’on déteste aimer.



Coiffer les chauves, cuisiner des arômes, jouer au dictionnaire, réfléchir tout haut, colorier des pages web, lancer la rumeur de ses petits secrets, suivre la thérapie du rire de soi et pelleter des nuages...Il y a tant de choses à faire.   C'est bon d'avoir un exemple à suivre.  

Merci Francis ;)