3 janv. 2012

                      

Il y a des jours où mon divan devient mon meilleur ami.  Je m’y échoue pendant quelques heures pour lire, boire un verre de vin, écrire ou rêvasser en regardant dehors.  C’est mon île, mon point d’ancrage, ma grotte, mon petit bout de plage au milieu du salon. 

N’est-ce pas sur un canapé qu’on épanche ses angoisses auprès d’un psy?  Un meuble-doudou pour passer un coup de blues, moucher ses chagrins, maudire et médire en se calant au creux des coussins.   Une séance et hop! c’est terminé.  On ramasse les vieux mouchoirs roulés en boule et la vie continue.  Il faut savoir s’extraire du divan et repartir du bon pied. 

Le divan que je fréquente fait face à la télé mais curieusement, elle n’est jamais allumée lorsque je suis ici en mode solo.  Je préfère mes rêves aux émissions qui défilent.  C’est sur un divan que j’ai imaginé vivre à l’étranger avec mon mari et mes trois enfants.  N’allez pas croire que je traînasse sur mon trône en allant nulle part!  J’ai fait plusieurs fois le tour du monde enroulée dans le châle de ma regrettée belle-mère.  J’ai nourri ce désir de partir comme s’il s’agissait d’un chat perdu qui a fini par ne plus jamais me quitter.  Cette envie qui m’a toujours tenaillée, paqueter mes petits pour vivre simplement sur une île à l’autre bout du monde. Apporter l’essentiel  mais toujours conserver le divan, histoire de continuer à s’inventer des vies.

En version semi-allongée, je m’imagine mal en train de m’encarcaner dans une série de résolutions.  Oui, je vais continuer à courir mon petit 5 km.  Oui, je vais me chercher une job.  Oui, je vais manger des fibres.  Oui, je vais rester zen avec mes ados.

C’est bon?

Ma seule résolution, c’est la suivante :  je veux retrouver mon divan de temps en temps pour mettre entre parenthèse cette vie qui défile trop vite.  M’assoir en bouddha et bénir la fonction « pause » sur les gadgets techno.  Un divan pour admirer le pointillé intriguant de nouvelles constellations sous des cieux australs.  Un divan pour plonger dans mes souvenirs bleu Calédonie ou grand blanc Québec.  Un divan pour espérer y bercer un jour les enfants de mes enfants. 

En 2012, je vous souhaite un divan aussi grand et moelleux que le mien.

2 commentaires:

VertGrenouille a dit…

Merci à toi de me faire réaliser à quel point j'aime aussi mon divan pour toutes les raisons énumérées plus haut et d'autres encore.

Oui, le divan c'est un très bon ami et si je n'ai pas voyagé, j'y ai écrit des kilomètres de mots qui ont sûrement fait l'équivalent de centaines de tours de la terre 8D

Bon repos à toi et plein d'autres aventures sur ton divan volant! 8)

Michèle a dit…

Mon divan est trop souvent occupé par mon chum ou les enfants. Je peux rarement m'y retrouver seule, pour flâner dans mes pensées. Mais j'arrive parfois à m'y installer confortablement quand les enfants sont couchés et le chum parti. C'est vrai que c'est confo et qu'on peut rêvasser....